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Cover image for Les yeux sur moi

Les yeux sur moi

Auteur·e
Vivienne Wren
Lectures
17.8K
Chapitres
37
Auteur·e
Vivienne Wren
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17.8K
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37
🧶BDSM😱Thriller⚔️Ennemis à amants🏙️Contemporain💪🏻Protecteur💰Milliardaires💪🏻Mâles alpha🥵Érotique🔒Proximité forcée🖤Dark🤑Milliardaires

Guinevere mène une vie douce et discrètement lumineuse, ignorant totalement qu’Asher — un reclus de la tech aussi intense que brillant, doué pour s'introduire là où il ne devrait pas être — est déjà étroitement lié à son univers. Il l'observe avec une dévotion qui semble dangereuse, et pourtant d'une focalisation désarmante, comme s'il attendait qu'elle respire dans sa direction.

Lorsqu'il sort enfin de l'ombre, Guinevere sent le sol se dérober sous ses pieds de la manière la plus enivrante qui soit. Est-il une menace… ou la seule personne assez audacieuse pour défier le feu qu'elle garde enfoui en elle ? Leur collision provoque une attraction qu'elle ne peut ignorer, la poussant vers un choix qu'elle n'aurait jamais imaginé.

Chapitre 1 : Cible

ASHER

Putain, je déteste les gens.
Tout le monde veut quelque chose : du statut, des contrats, ma proximité. Tout ce qui leur donne un sentiment de pouvoir. Je prends sur moi, je souris, je serre des mains. Je hoche la tête comme si j'écoutais. Je fais semblant d'en avoir quelque chose à foutre. J'essaie de ne pas m'étouffer avec l'odeur de parfum hors de prix et de désespoir.
Je traverse la foule d'un pas nonchalant, esquivant les mains au passage, et j'attrape une coupe de champagne sur un plateau.
« Blackwell ! » lance une voix derrière moi.
Putain de vie.
Je me retourne, composant une expression à peu près aimable.
« Boden », dis-je en serrant sa main tendue. Il agrippe la mienne à deux mains, et j'ai immédiatement envie de la retirer d'un coup sec. Mais je lui adresse un sourire et serre juste un peu plus fort que nécessaire. Juste assez pour lui rappeler à qui appartient la main qu'il touche.
Putain de fouine.
« T'es un homme difficile à attraper », murmure Boden, « même à ton propre événement. »
« Surtout à mon propre événement », je réponds d'un ton neutre, avec un autre sourire. « Mais tu m'as eu. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »
« Viens avec moi », dit Boden en me tirant par le putain de bras comme s'il en avait le droit.
Je le suis vers le vestiaire, plus pour m'éloigner du reste de la foule qu'autre chose, et je le laisse jacasser à propos de sa boîte.
Et là, je la vois.
Une petite chose délicate. Des cheveux brun doré relevés en un chignon lâche, comme si elle l'avait fait à la va-vite. De grands yeux noisette qui balaient les portants comme s'ils allaient la brûler si elle s'attardait trop. La plus jolie fille que j'aie jamais vue.
Fragile. Innocente. Putain de perfection.
La première pensée qui me vient est déplacée, la seconde possessive. Il faut qu'elle soit à moi.
Elle ne me regarde pas. Ne m'accorde pas un seul regard, même quand j'appuie mes deux mains sur le comptoir, les yeux rivés sur elle comme si j'essayais de la clouer sur place. Peu importe. Moi, je la vois. Je l'ai déjà choisie. Ça suffit.
Alors quand Boden sort son téléphone et laisse tomber son ticket de vestiaire, je le ramasse. Et quand le type à côté de moi s'éloigne du comptoir en fourrant son ticket dans sa poche, une accolade amicale au bon moment scelle l'affaire. J'échange les numéros, glissant le ticket de l'inconnu dans la poche du costume de Boden, et je le regarde continuer à blablater, toujours inconscient de rien.
La fille arrive au comptoir, et je jette un œil à son badge.
Guinevere, putain. Un joli nom pour une jolie fille.

GUINEVERE

Elle prend le ticket de Boden et disparaît dans le labyrinthe de manteaux. Réapparaît quelques instants plus tard avec un trench noir coûteux entre les mains.
Boden le prend sans un mot, l'enfile, puis retire sa main de la poche d'un geste brusque, comme s'il s'était fait mordre. Il l'enlève et vérifie l'étiquette.
« Hé, mademoiselle », lance-t-il, indigné. Ça me donne envie de lui faire avaler ses dents, mais je ne bouge pas.
Guinevere réapparaît, sourcils levés.
« C'est pas le mien », grogne-t-il en claquant le manteau sur le comptoir.
Elle fronce les sourcils et le reprend. « Vous êtes sûr ? » demande-t-elle, perplexe. « C'est pourtant— »
« Tu crois que je connais pas mon propre manteau ?! » aboie-t-il, et elle recule.
Quelque chose de vif s'embrase en moi. Ce regard dans ses yeux. Je veux le revoir. De mes mains. À mes conditions.
Elle fouille dans une pile de tickets abandonnés et en sort deux. Tous les deux numéro 312.
Elle les fait glisser vers Boden. « Vous voyez ? C'est le numéro que vous m'avez donné. Je m'en souviens, parce que— »
Il se penche par-dessus le comptoir, lui coupant la parole. « Tu crois que je connais pas mon propre manteau ? » gronde-t-il à nouveau. Ses yeux balaient la pièce et se fixent sur une porte latérale. « Laisse-moi entrer. Je vais le trouver moi-même. »
« Non ! » couine Guinevere. « Je ne peux pas vous laisser entrer. C'est contraire au règlement ! » Elle tremble maintenant, les yeux écarquillés, terrorisée.
Une collègue s'avance derrière elle. « Monsieur, je suis désolée— »
J'interviens. Calme. Décontracté. Ma main se referme sur l'épaule de Boden, serrant juste assez fort pour le faire hésiter.
« Boden, mon pote », dis-je, la voix pleine de miel et de venin. « Pourquoi t'irais pas fumer dehors ? Guinevere va te retrouver ton manteau. N'est-ce pas, ma belle ? »
Elle tressaille. Ces grands yeux se posent enfin sur les miens. Juste une seconde, mais c'est suffisant.
Elle hoche la tête, puis file à nouveau.
« Mes cigarettes sont dans mon manteau », râle Boden.
« Un verre, alors », dis-je en le guidant déjà vers le bar.
Il s'éloigne d'un pas lourd, et je me retourne vers elle.
Elle passe les portants au peigne fin, presque tous des trenchs noirs, la pauvre. Je l'observe comme un rapace, étudiant sa façon de bouger. Sa respiration est courte et saccadée ; ses mouvements sont nerveux. Elle est sur les nerfs, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule toutes les quelques secondes. Pour vérifier si Boden est revenu, j'imagine.
Il la rend nerveuse. J'aime la voir nerveuse. Mais je n'aime pas que ce soit lui qui en soit la cause. Et j'aime encore moins qu'elle regarde à travers moi comme si je n'étais putain de pas là.
J'appuie mes avant-bras sur le comptoir, entrelaçant mes doigts.
Il lui faut presque dix minutes pour trouver quelque chose qui correspond à la description de Boden. Elle revient en vitesse, le manteau à la main.
Je fais signe à Boden de revenir.
Il tend la main en voyant le manteau, mais Guinevere hésite.
« Pourriez-vous me dire ce qu'il y a dans la poche droite ? » demande-t-elle, osant à peine croiser son regard.
« Putain, tu te fous de moi », marmonne Boden en tendant la main à nouveau.
Elle recule d'un pas.
« Vous m'avez donné un ticket différent », dit-elle, d'une voix douce et hésitante. « Le règlement exige de vérifier avant de rendre un manteau à quelqu'un qui n'a pas le bon numéro. »
Boden la fusille du regard comme s'il allait bondir par-dessus le comptoir. Puis il grogne : « Des cigarettes et un Zippo argenté. »
Elle vérifie, hoche la tête et lui tend le manteau.
« Encore une fois, monsieur, je suis vraiment dés— »
« Épargnez-moi ça », crache-t-il. « Je suis sûr que vous allez vous faire virer de toute façon. » Puis il s'en va d'un pas furieux, sortant déjà une cigarette.
Guinevere se retourne et se jette droit dans les bras de sa collègue, qui la serre contre elle et lui caresse les cheveux comme une putain d'héroïne.
Je reste là, à la regarder se confier à sa collègue, totalement inconsciente de ma présence. Ça me met en rage et ça m'excite à la fois.
Je rôde à proximité. Je retourne dans la salle de bal à quelques reprises, je parle à des employés, je fais semblant de continuer à réseauter. Mais je ne la perds jamais de vue.
Quand je la vois embrasser ses collègues pour leur dire au revoir et attraper son manteau, je me faufile à travers la foule.
***
L'air de la nuit me mord le visage quand je sors, assez loin derrière elle pour rester invisible. Elle s'enroule dans une écharpe, trop grande pour sa silhouette délicate, et enfonce ses mains dans ses poches. Elle est rapide pour quelqu'un d'aussi petit.
Je reste dans l'ombre, à observer.
Elle dépasse le parking et continue de marcher.
Guinevere, ma belle. Ne me dis pas que tu rentres chez toi à pied, seule, dans le noir.
Elle traverse la rue et accélère le pas.
Un pâté de maisons plus loin, elle commence à fouiller dans son sac. Elle cherche ses clés : soit on est proches de chez elle, soit elle sait qu'elle est suivie et cherche désespérément quelque chose pour se défendre.
Mais elle s'arrête devant une petite maison de ville et déverrouille la porte, la claquant derrière elle. J'entends les verrous tourner.
Je reste dans l'ombre d'un arbre de l'autre côté de la rue, toujours à observer.
Elle allume la lumière. Retire son écharpe et son manteau. Disparaît une seconde, puis revient dans mon champ de vision, serrant une couverture contre elle. Puis, enfin, elle ferme les rideaux.
Bonne fille.
On ne sait jamais quel genre de monstres peuvent rôder dehors.

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