
Son Maitre Royal
Author
Renee Rose
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51
Chapitre Un
Jour Un
Chelsea
Nue, enchaînée à un mur du yacht du Prince d’Halsbourg, je luttais pour respirer. Les quatre autres filles attachées près de moi gloussaient et flirtaient. Apparemment, elles comprenaient dans quoi elles s’étaient engagées. Elles en étaient ravies, et elles adoraient se faire déshabiller et attacher par un groupe de jeunes aristocrates pleins de testostérone qui s’intéressaient plus au plateau d’argent chargé de cocaïne qu’aux femmes nues qui leur étaient offertes.
Moi ? J’avais eu les yeux plus gros que le ventre. Vraiment. Je n’avais rien à faire là. Déjà, je n’étais pas une call-girl, comme les autres filles. Et je n’étais pas là pour l’argent, même si cinq mille euros pour trois jours de boulot, ça m’avait fait rêver.
Mais désormais, j’étais à peu près convaincue que j’allais mourir ici. Et si contre toute attente, je survivais à cette expérience insensée, j’en sortirais sans doute tellement traumatisée que je ne serais plus jamais en état de vivre normalement.
L’un des invités du jeune prince me passa un collier autour du cou. Je secouai la tête, ce qui me valut une gifle cinglante. Il me pinça les joues, projetant mes lèvres vers l’avant.
— Ne fais pas ça, ou tu recevras tes premiers coups de fouet.
Son ton était cruel, son accent autrinien à couper au couteau, mais il sourit avant de jeter un regard à ses amis par-dessus son épaule. Pour ces beaux et jeunes aristocrates, tout ça n’était qu’un jeu.
— Elle ne se laisse pas faire, celle-là.
J’entendais de l’enthousiasme dans sa voix, comme s’il aimait me remettre à ma place. Le dominateur voulait montrer ses compétences à ses amis argentés.
Eh merde. Dans quoi étais-je allée me fourrer ?
Il serra mon collier, et je m’étouffai.
— Trop serré, lâchai-je.
J’avais peur d’être étranglée. Depuis toujours. Quand j’étais petite, mon frère savait qu’il fallait me chatouiller dans le cou, car je détestais qu’on me touche à cet endroit. Alors le collier n’était peut-être pas vraiment trop serré. C’était peut-être ma panique qui me donnait du mal à respirer, mais savoir cela ne m’aidait pas beaucoup.
Je commençais à voir double alors que je luttais pour reprendre mon souffle. Des lumières dansaient devant mes yeux. Je tirai sur les menottes qui me retenaient au mur au-dessus du lit gigantesque conçu pour accueillir des orgies, mais impossible de libérer mes mains.
Malgré ma vision floue, je vis une silhouette sombre s’approcher.
Oh non. Pas lui. N’importe qui, sauf lui.
Darius, le cousin plus âgé et en disgrâce du prince. Le mouton noir tatoué et plein de colère de la famille royale Halsbourg. Ses sourcils étaient froncés, sa bouche pincée, son regard plongé dans le mien.
Je luttai de plus belle contre mes liens. De tous ces jeunes fêtards, Darius était le dernier que je veuille énerver. L’année dernière, il avait été condamné pour coups et blessures sur sa petite amie, un scandale qui avait secoué la famille royale tout entière et avait consolidé le surnom qu’il avait depuis la vingtaine : le Duc Diabolique.
Il se pencha sur moi. Avec un rictus méprisant, il glissa un doigt sous mon collier.
— Tu ne t’étouffes pas, princesse.
Je ne savais pas pourquoi, mais son accent était plus sexy que celui des autres. Il m’ôta tout de même le collier, et je cessai de me débattre, soulagée.
— Je prends celle-là, dit-il en m’enlevant mes menottes.
— Quoi ? lança le prince au milieu des rires bruyants. Tu vas où ?
— J’ai besoin d’un moment en privé avec elle.
— Hors de question, intervint un homme avec un accent britannique nasillard.
— Oh non, renchérit un autre. On a déjà une fille en moins, et Darius veut garder celle-là pour lui ?
Mon cœur battait la chamade contre mes côtes. J’avais la tête qui tournait, et j’étais persuadée d’être au bord de la crise cardiaque.
Le duc me tira par les poignets pour me lever vers lui, puis il glissa une épaule sous mon ventre pour m’y allonger, tête en bas.
Je poussai un cri aigu et battis des pieds, et ses doigts se refermèrent sur ma cuisse alors qu’il quittait la chambre à grands pas pour prendre un couloir minuscule. Je tournais la tête dans tous les sens, apercevant les murs lambrissés et les fesses musclées du duc qui emplissaient son jean de marque usé. Un derrière comme ça, ça devrait être interdit. Le chien noir du duc, Ombre, trottinait derrière nous en remuant la queue. Il essayait de me lécher le visage, comme si tout ça était un jeu.
— Connards de dominateurs du dimanche, sembla murmurer Darius.
D’un coup de pied, il ouvrit une porte au bout du couloir, et je fis un vol plané vers le lit queen-size de la petite chambre.
Il referma la porte en ordonnant à son chien de rester dehors, puis il croisa les bras sur son torse sculpté.
— Alors, ma petite. Qui es-tu, et qu’est-ce que tu viens foutre ici ?
Six Heures Plus Tôt
Chelsea
J’enfonçai mes bouchons d’oreilles plus profondément pour me couper du bruit des vomissements de ma colocataire, et je relus le dernier paragraphe de la longue interview que j’avais faite d’une Américaine qui se faisait appeler DJ Sunshine. Mon article sur l’ascension et la popularité des femmes DJ à Ibiza devrait prouver à mon éditeur chez Rolling Stone que je n’avais pas passé l’été à faire la fête en Espagne, mais que je couvrais un phénomène musical.
Et cela me prouvait que je n’avais pas suivi Derek, alias DJ Bon-à-Rien ‒ mon mec de l’époque ‒ sur l’île espagnole tendance pour rien.
Ma colocataire, Allegra, mit fin à ses haut-le-cœur, remplacés par des grognements.
Avec un soupir, j’enlevai mes bouchons d’oreilles. Je ferais mieux d’aller voir si elle avait besoin de quelque chose. Je connaissais à peine cette mannequin italienne toute en jambes. En gros, nous n’avions rien en commun, à part la nécessité de louer un logement sans se ruiner.
J’avais emménagé la semaine précédente après avoir admis que la passion de Derek pour la fête et l’ecstasy n’étaient pas une simple passade de vacances.
Je me dirigeai vers la salle de bains, mais des coups frappés à la porte interrompirent mon intervention. Merde. Pourvu que ce ne soit pas Derek.
Une grande blonde avec une taille de guêpe et des faux seins se tenaient sur le palier, le visage fermé.
— Où est Allegra ? demanda-t-elle d’un ton impérieux avec un accent slave, sans doute russe.
— Elle est malade. Elle vomit depuis minuit hier soir.
— Non, grogna la blonde en se frappant le front, couvert d’épaisses couches de maquillages.
Elle se faufila par la porte, perchée sur ses escarpins provocants.
Les bruits de vomissements en provenance de la salle de bains la poussèrent à s’arrêter, le nez plissé.
Elle se tourna vers moi d’un air songeur, puis m’examina de la tête aux pieds.
— Tu n’es pas trop mal. Tu lui ressembles un peu. Tu peux la remplacer ?
— Sur un shooting ?
— Non.
D’un ongle manucuré, elle se mit à tapoter son écran de téléphone dans un geste nerveux.
— Comme escort, précisa-t-elle.
Escort. Et moi qui avais pris Allegra pour une mannequin.
Son amie jeta un coup d’œil à son portable.
— Le yacht du prince d’Halsbourg part dans trente minutes. Il me fallait six filles. L’une d’entre elles s’est déjà désistée. Je ne peux pas débarquer avec quatre filles, ou il ne m’engagera plus jamais.
Le prince d’Halsbourg ? L’héritier de la couronne autrinienne ?
— Cinq mille euros pour trois jours. Confidentialité assurée. Obligatoire, même. Je te donnerai un bonus de mille euros pour avoir remplacé Allegra au pied levé. Mais ne le dis pas aux autres filles.
Une minute... quoi ?
Jouer les escortes pour l’aristocrate canon qui faisait la couverture des magazines depuis deux ans ? Le prince d’Halsbourg était à Ibiza, et j’avais raté ça ? J’étais nulle, comme journaliste. L’aristocrate de vingt-deux ans suivait les traces de Darius et se faisait une réputation de gros fêtard. Il visitait Ibiza, Londres, Paris et New York avec ses amis riches et sexy de Cambridge. Et on me proposait de passer trois jours sur son yacht privé.
Bon, d’accord, j’allais sans doute devoir écarter les cuisses. Pour lui ou l’un de ses potes. Mais d’après les photos que j’avais vues ‒ et vous pouvez me croire, je traquais les moindres mouvements du prince et de sa bande ‒ aucun d’entre eux n’était vilain. Coucher avec un aristocrate canon serait-il si dur que cela ? Ça pourrait me faire une aventure pour me remettre de ma rupture avec Derek. J’étais venue ici pour vivre des expériences, non ? Et en échange, non seulement je gagnerais plus que ce que j’avais touché tout l’été, mais j’aurais matière à écrire mon premier livre. Le livre qui consoliderait ma carrière de journaliste. Un livre qui se vendrait à des millions d’exemplaires. Un livre qui rattraperait l’erreur que j’avais commise en faisant confiance à Derek.
Je pris une grande inspiration, consciente que j’étais dingue.
— D’accord.
— Parfait, dit la blonde en me tendant la main. Moi, c’est Marina. Toi, tu seras Allegra.
Elle me jeta un regard dur, puis ajouta :
— J’ai déjà fait approuver tous les papiers et les photos pour elle. Trop tard pour tout changer. Compris ?
Moi, ça m’allait. Je serais officiellement sous couverture. Je hochai la tête.
— Allons-y, me dit Marina.
— Il faut juste que je prépare mon sac.
Je pivotai dans le minuscule appartement espagnol, tentant de reprendre mes esprits.
— Tu n’as besoin de rien, répondit Marina en roulant les R. D’un bikini, c’est tout.
Un bikini. D’accord. Parce que j’y allais en tant que call-girl.
Pas grave. Les journalistes faisaient sans arrêt des sacrifices, pour leurs articles.
Je me précipitai dans ma chambre et fourrai quelques maillots de bain dans un sac, avec ma trousse de toilette, et, le plus important pour mon travail, mon ordinateur et mon portable.
J’étais bien décidée à finir sur la liste des best-sellers du New York Times.
Darius
L’une des escorts qui étaient montées à bord de la Douce Soumission ne rentrait pas dans le moule.
Je caressai les oreilles d’Ombre, mon Labrador noir, et j’admirai la belle brune qui faisait la queue. Je me demandai ce qui me mettait la puce à l’oreille, chez elle.
Sa fraîcheur.
Non, la façon qu’elle avait d’observer le yacht. Elle n’avait pas l’enthousiasme des autres filles, impatientes de monter à bord ou de rencontrer des aristocrates, ni même l’air faussement nonchalant de Marina, la professionnelle qui avait organisé tout ça.
Assis sur le pont supérieur, j’étudiais la scène pendant que Samson, le chef de la sécurité de mon cousin Kaspar, vérifiait les fiches des call-girls tandis qu’elles embarquaient. J’avais insisté pour que leurs profils soient soigneusement étudiés et validés et pour qu’elles signent une clause de non-divulgation en plus de leur contrat individuel, qui précisait les limites qu’elles ne souhaitaient pas dépasser. Samson s’était assuré que cette petite sauterie ne soit jamais rendue publique.
Ça ne me plaisait pas, d’engager des prostituées, mais Samson m’avait dit que cela valait mieux que de choisir au hasard des femmes prêtes à se jeter au cou d’une bande d’aristocrates. Après tous les scandales que j’avais causés et auxquels j’avais été mêlé malgré moi au cours des dix dernières années, garder le secret sur les préférences sexuelles de notre groupe n’était pas une mauvaise idée. Si la presse entendait parler des fantasmes du prince ‒ et des miens ‒, la popularité de la famille royale en prendrait encore un coup, et la reine me massacrerait. Elle estimait déjà que j’avais une mauvaise influence sur Kaspar.
D’accord, c’était moi qui lui avais fait connaître le milieu du BDSM. Mais les drogues, l’alcool et la fête, ça venait de lui. Même si à vingt-deux ans, j’avais été comme lui. Avant la mort de mon père, je n’avais pas de limites.
La brune observait les alentours avec un regard froid et curieux, comme si elle mémorisait chaque détail. Ses yeux se posèrent sur moi, et son expression trahit qu’elle savait exactement qui j’étais.
Eh oui, ma belle. Le Duc Diabolique est à bord.
Elle avait fait ses recherches. Et là, en cet instant, je sus que c’était moi qui l’empêcherais de les mettre à profit.
Je quittai le mur auquel j’étais adossé et allai rejoindre les filles.
Samson avait leurs dossiers dans les mains. Je me plaçai derrière lui alors que la fille s’approchait, et je regardai la fiche par-dessus son épaule.
— Allegra Vivaldo ? lui demanda Samson.
Elle hocha la tête.
— Oui.
La queue d’Ombre se mit à frapper le pont. Ça alors. Il l’aimait bien. D’habitude, mon chien n’était fidèle qu’à un seul homme. Il s’était lié à moi alors qu’il était bébé, et il ne s’intéressait à personne d’autre. L’intérêt qu’il portait à cette fille ne faisait qu’amplifier le mien.
Tandis que Samson vérifiait ses documents, je comparai son passeport italien à son visage. À première vue, elle ressemblait à la fille de la photo. Belle. De longs cheveux bruns épais. Des yeux marron au regard sulfureux. Mais elle ne faisait certainement pas un mètre soixante-quinze. Un mètre soixante-cinq, plutôt. Et son oui avait un accent distinctement américain.
— Italienne, hein ? dis-je en affichant tout mon scepticisme.
Elle était douée. Je ne vis qu’une légère trace de panique sur son visage avant qu’elle ressorte son expression hautaine et nonchalante.
— Sì.
Ombre contourna Samson pour aller la renifler. La façade de la fille tomba immédiatement, et son visage se fendit d’un sourire éblouissant.
— Salut, mon grand.
Oui, elle était américaine, sans aucun doute.
Elle tendit le dos de sa main à Ombre pour qu’il la renifle. Il lui lécha les doigts.
Elle se détendit tout entière. Elle laissa tomber son sac, se pencha en avant et se mit à faire de papouilles à mon chien, lui racontant n’importe quoi tandis qu’elle lui caressait la tête et les oreilles. Quand elle leva le visage vers moi, son expression était amicale, presque timide.
— Il est à vous ?
Je croisai les bras, luttant contre l’envie de quitter mon rôle de connard dominateur. Je n’étais pas un gentil. Tout le monde le savait. J’étais le fêtard originel, bien avant Kaspar. Le bad boy tatoué, la tache sur le nom des Halsbourg.
Mais son innocence et son visage ouvert me désarmèrent.
— Ombre, dis-je.
— Ah, mais bien sûr, tu t’appelles Ombre parce que tu es un toutou à fourrure noir, hein ? roucoula-t-elle en caressant mon chien.
C’était à la fois ridicule et adorable, et Ombre adorait ça. À cause de l’approbation de mon chien, et contre toute logique, je la laissai passer lorsque Samson l’autorisa à embarquer. J’aurais dû lui demander des comptes sur-le-champ. J’aurais dû la chasser de la Douce Soumission, parce que je savais qu’elle n’était pas celle qu’elle prétendait être. Mais c’était un mystère. Une énigme à résoudre. Une femme intelligente et sexy avec une idée derrière la tête. J’allais la surveiller de près. Quel que soit son objectif, je ne la laisserais pas faire. Je devais bien ça à ma famille, après ce qui s’était passé l’année dernière avec Madison.
Une fois toutes les vérifications accomplies, Kaspar prit les choses en main et conduisit les femmes sur le pont inférieur, où se trouvait sa salle de jeu : son donjon des mers. Il avait installé un matelas king size et un matelas queen size côte à côte pour emplir la pièce d’un mur à l’autre, et le plafond était équipé pour le bondage. Le mur situé face au lit comptait un tas d’instruments, amoureusement suspendus à des crochets pour que les femmes puissent les admirer comme des œuvres d’art.
Les plus enthousiastes se mirent à glousser. Marina semblait s’ennuyer. Allegra ‒ si tel était son nom ‒ devint blanche comme un linge. J’en connais une qui n’a pas bien lu son contrat avant de signer.
Merde. J’aurais dû trouver ça drôle. J’ignorais à quoi elle jouait, mais elle venait de se retrouver prise à son propre piège. Sauf que le dominateur protecteur qui veillait en moi prit le dessus, peu désireux de voir une femme être touchée contre sa volonté. Je dus lutter contre l’envie de la prendre par la main et de la faire sortir. De lui dire Écoute, ma belle, tu n’as rien à faire là. Tu vas avoir peur, et tu vas souffrir. Quitte la Douce Soumission avant qu’il ne soit trop tard.
— Déshabillez-vous, ordonna Kaspar en passant un doigt sur la clavicule de l’une des filles. Vous toutes.
— Euh, il faut que j’aille faire pipi, lâcha Allegra.
Kaspar fit un geste impatient en direction de la salle de bains attenante, et elle s’y précipita, mais pas avant de m’avoir jeté un regard nerveux par-dessus son épaule.
C’est ça, ma petite. Tu peux avoir peur. Je t’ai repérée.
Chelsea
Oh, non, oh, non, oh, non. Dans quelle galère étais-je allée me fourrer ?
Je pris aussi longtemps que possible dans la salle de bains pour déterminer ce que j’allais faire.
Le yacht n’avait levé l’ancre que quelques instants plus tôt. Je devrais peut-être tout avouer et les convaincre de faire demi-tour avant qu’il ne soit trop tard. Pourquoi Marina ne m’avait-elle pas prévenu que le prince Kaspar était un pervers sexuel ? Sérieux ? Elle ne s’était pas dit qu’il fallait m’avertir que j’allais me faire torturer et baiser pendant trois jours de suite ? Parce que ça changeait tout.
La torture, ce n’était pas mon truc.
J’étais dépassée par les événements. Et sans que je sache pourquoi, Darius, le cousin infect du prince, semblait m’avoir à l’œil. Infect et sexy. Il était encore plus appétissant que sur les photos des tabloïds, qui le suivaient depuis dix ans. Ses cheveux bruns bouclés couvraient ses oreilles dans une coupe ébouriffée qui faisait ressortir sa mâchoire carrée et sa fossette au menton. Il portait un tee-shirt noir ajusté qui moulait ses muscles saillants. Ses bras étaient couverts de tatouages. Ouais. Son magnétisme était suffisant pour mettre mes ovaires en ébullition.
Contrairement aux autres, il semblait sobre, et il se tenait à l’écart du groupe comme s’il les supervisait. Et il me jetait des regards suspicieux depuis le début.
Savait-il que j’étais là pour dénicher un scoop ?
Un frisson de danger me parcourut ; ce n’était pas la peur que m’inspirait l’idée que le prince se serve de l’un de ses multiples fouets sur moi, plutôt de l’emballement. De l’ambition. Et si j’arrivais à déterrer un véritable scandale sur le Duc Diabolique ? Ce serait l’article du siècle sur la famille royale.
Je me remis du gloss et jetai un regard critique au miroir.
Tu en es capable. Tu te déshabilles, et tu sors de là avec les yeux grands ouverts. Qu’est-ce qui pourrait t’arriver de si terrible ?
Je quittai la pièce et me figeai. Prise de sueurs froides, je regardai les hommes menotter les autres escorts au plafond.
— Toi, là-bas, m’ordonna l’un des hommes avec un fort accent autrinien.
Je me fis violence pour avancer, rouge de honte à cause de ma nudité. Je grimpai timidement sur l’endroit qu’il m’indiquait, et je levai les poignets pour être attachée. Mais quand il me passa le collier, je fus incapable de me contenir. Satanée peur d’être étranglée.
— Je prends celle-là, annonça le Duc Diabolique quand je luttai contre le collier en me plaignant qu’il était trop serré.
Il me jeta sur son épaule et quitta la chambre.











































