
Le Champion : Le Combat Final
Auteur·e
Vio Shed
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68
Quadruple Champion du Monde
PRÉSENTATEUR SPORTIF
"Voilà Hugo Lawrence qui essaie de coincer le champion contre les cordes. Il cherche une ouverture pour frapper. Mais Marcelo se défend comme un lion. Hugo commence à s'énerver.
"On voit bien que ça l'agace de pas réussir à placer ses coups. LE CHAMPION SE MARRE, VOUS AVEZ VU ÇA ?!
"Marcelo, c'est un vrai roc. On dirait qu'il est intouchable. Regardez !! Il le pousse dans un coin. C'est peut-être le moment qu'Hugo attendait pour balancer sa droite.
"Oh là là ! Raté ! Il a laissé filer sa chance, il a juste agité son poing devant le nez du champion.
"Marcelo rigole encore. Notre champion fait même un petit signe du doigt à son adversaire ! Mesdames et messieurs, il a l'air sûr de lui, notre champion.
"Mais le challenger lâche rien. Il enchaîne les coups rapides. Marcelo les esquive tous, en bougeant juste le bassin et les genoux.
"Et voilà que Marcelo surprend le challenger, il bloque et balance un uppercut. OOOOH !!! Hugo Lawrence l'évite. Le fameux uppercut du champion passe à côté.
"Le challenger repart à l'attaque, il enchaîne des coups rapides et un uppercut. Mais le champion, on dirait qu'il voit tout au ralenti, il évite tout. C'est d'une vitesse incroyable.
"En vingt ans de commentaires sportifs, j'ai jamais vu ça. LE CHAMPION EST INCROYABLE, MESDAMES ET MESSIEURS !!!
"On arrive à la fin du neuvième round, et aucun des deux boxeurs a l'air fatigué. Ils se regardent dans le blanc des yeux.
"C'est au tour du champion d'attaquer. Il cherche une faille. Et il la trouve. Il colle une droite à Hugo en plein sur le nez, ça le fait reculer."
DRINGGGGGG !
"La cloche sonne, les boxeurs retournent dans leur coin. Le champion sourit, le challenger a l'air inquiet. Dans ce round, le champion marque dix points, et Hugo Lawrence neuf.
"On voit le coin du challenger, son équipe essaie d'arrêter le saignement de son nez après le coup du champion.
"Ça sent pas bon pour Hugo. Et dans le coin de Marcelo, notre champion sourit toujours.
"Il parle aux spectateurs et envoie des bisous à quelques fans qui l'acclament. Ce mec, c'est un vrai showman.
DRINGGGGGGGG !
"La cloche sonne. C'est le dixième round, et la balance penche d'un côté. Le challenger a plus la pêche du début.
"Mais il y va quand même. Il fonce sur le champion avec des coups rapides, ET TOUCHÉ !! Point pour Hugo Lawrence.
"Marcelo protège son flanc et riposte avec un gros coup au corps et quelques frappes rapides. Le challenger se plie en deux mais évite encore d'autres coups du champion. Les deux s'accrochent.
"Mais Marcelo essaie de se dégager. L'arbitre doit intervenir. On dirait que ce dernier coup a vraiment secoué l'adversaire.
"On dirait que Marcelo Walker attend que le challenger soit complètement cuit.
"Marcelo commence à mettre la pression. Il le coince et LUI EN COLLE UNE DANS LA MÂCHOIRE ! Le challenger perd l'équilibre et tombe sur les cordes. L'arbitre l'aide vite à se relever.
"Hugo Lawrence fait signe que ça va. L'arbitre commence à compter, 2, 3, 4, 5, 6. Le challenger reprend le combat. Marcelo l'attend, et JAABBBBBBB !!!
"Ce coup l'envoie au tapis. On voit Hugo Lawrence essayer de relever la tête et de reprendre ses esprits. L'arbitre est à côté de lui, il essaie de tenir Marcelo à distance.
"L'arbitre commence le décompte : Un, deux. Mais on voit le challenger qui essaie de se relever avec difficulté. Trois, quatre. Hugo se met debout, mais il a l'air sonné, dans les vapes. Cinq, six.
"Le challenger titube et SE CASSE LA FIGURE SUR LE DOS. KNOCKOUTTTTTTTT !!!!!! LE CHAMPION, LE CHAMPION, LE CHAMPION !!!!
Y'a plein de gens qui applaudissent et qui gueulent dans la foule. Marcelo Walker, triple champion du monde, et maintenant quadruple. Le seul champion jamais battu de l'histoire.
Toute la ville de Manchester va être en fête quand il va rentrer en tant que champion poids lourd de la catégorie.
On est allés voir le champion sur le ring avec les micros. On a vu que son équipe faisait la fête avec lui, ils lui tapaient dans le dos et se faisaient des câlins.
La joie de toute l'équipe crevait les yeux. Une fois de plus, Marcelo Walker avait gagné.
MARCELO
"Champion Marcelo, allez, dites quelques mots à vos fans." Je regardai le journaliste sportif. Il était tout excité, collant presque le micro à mon visage.
Je l'ai pris et je me suis adressé à la foule. "HEEEYYYYYY ! On a réussi. Vous et moi. Sans vous, les fans, je ne suis rien."
J'ai jeté un coup d'œil à mon coach, qui recevait plein de félicitations de toute l'équipe. "Et toi, Richard." Je l'ai montré du doigt. Il m'a regardé et a fait un signe de tête.
"Merci à tous ceux qui m'ont aidé à m'entraîner. Et ma famille." Je n'arrivais pas à m'arrêter de sourire.
J'ai cherché des yeux là où elle était assise, à sa place habituelle. Elle était là, avec le plus grand des sourires. Elle sautait de joie en me faisant coucou.
"Ma femme, qui me supporte. Parce que la plupart du temps, je me lève de mauvais poil. Si j'étais elle, j'aurais déjà demandé le divorce. Mandy, je t'aime."
J'ai rendu le micro au journaliste. Le chef de la fédération était à côté de moi, avec la ceinture que j'allais encore ramener à la maison. Il me l'a mise autour de la taille et a levé nos mains ensemble.
"Quadruple champion MARCELO WALKER."
Des cris de joie ont éclaté dans toute l'arène.
Je vis pour ça. Je suis le meilleur dans ce que je fais, et je veux que tout le monde le voie.
J'ai levé les bras, poings serrés. "GRAAAAAAAAA !" j'ai hurlé, victorieux. La foule m'a répondu.
Finalement, mon équipe et moi on est sortis du ring pour aller aux vestiaires. En marchant, les fans tendaient la main pour me toucher. J'ai dit bonjour à autant de gens que possible avant d'arriver au bout du couloir.
Là, tout était calme. Le bruit de la foule était resté derrière. Je n'entendais que les rires et les discussions entre les membres de mon équipe.
"Bien joué, Marcelo, je savais qu'Hugo ne faisait pas le poids," m'a dit joyeusement mon pote et assistant du coach, Charles.
"Il n'était rien. Tu sais comment je me sens maintenant, Charly ? Comme si j'étais invincible. J'ai pas de rival, parce que je suis le meilleur. LE CHAMPION !"
"C'est mon pote, le champion." Charly m'a tapé dans le dos plusieurs fois.
"Ça suffit, les gars." Notre coach a attiré notre attention. Il a pointé Charly du doigt en disant, "Toi, arrête de gonfler l'ego de Marcelo, qui, à ce que je vois, est sur le point d'exploser."
Puis il m'a regardé, comme un père. "Et toi, champion, reste humble, parce que si tu commences à prendre la grosse tête, tu vas perdre ton chemin.
"Concentre-toi, et rappelle-toi ce que je te dis, fiston. Quand tu arrêtes d'avoir peur, c'est là que t'es le plus en danger.
"Fais jamais confiance à ce que t'as et ce que tu sais, ok ? Jamais. J'aime pas la tournure que prennent tes pensées, champion."
"Ok, ok, coach, on a compris, mais aujourd'hui c'est jour de fête," a dit Charly pour me défendre.
J'ai secoué la tête et j'ai ri. La tête frustrée de mon coach était trop drôle. Quand j'avais quinze ans, il a commencé à m'entraîner. Ça fait quatorze ans que je m'entraîne avec lui.
Sans lui, je serais sûrement mort maintenant. Il m'a sorti de la rue et m'a donné un but. Grandir dans une ville comme Manchester c'est pas facile, surtout quand on a des parents comme les miens.
C'était des mauvais parents. Un couple d'ados qui savaient pas utiliser de capote, voilà ce qu'étaient mes parents. Ils se souciaient plus de grandir que de s'occuper de moi. Au bout de quelques années, mon père s'est barré.
En y repensant, j'étais surpris qu'il soit resté si longtemps. Après son départ, je l'ai plus jamais revu. Jusqu'à y a quatre ans. Il m'a sûrement vu à la télé, quand j'ai gagné mon premier championnat.
L'argent a commencé à rentrer, et je suis devenu célèbre. J'aurais jamais cru qu'il reviendrait en mode père. Je suis sûr qu'il me voyait que comme un moyen de se faire du fric.
Et ça m'a fait du bien de lui claquer la porte au nez, ça compensait toutes ces années où j'étais seul, à traîner dans les rues. Richard a compensé tout ça. C'était le père que j'ai jamais eu.
Un étranger qui s'occupe d'un gamin presque abandonné. En danger face aux mauvais trucs de cette ville.
Je lui devais ma vie, et ma famille aussi, parce que sans lui, j'aurais jamais rencontré ma femme, Mandy, qui me soutient.

















































