
A la Poursuite de l'Oméga Livre 4
Auteur·e
Jessica Edwards
Lectures
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Chapitres
34
Chapitre 1
Livre 4 : À la poursuite de la vérité
MAX
... « Attends ! »
Elle s'arrêta et se retourna lentement pour me faire face. Un sourire patient se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle attendait que je parle.
« Tu veux que je te dépose ? » demandai-je. Ma voix tremblait un peu.
T'es devenu fou ou quoi ?
Je savais que je faisais peut-être une bêtise, mais il fallait que je sache : était-elle la fille que j'avais attaquée ? Elle seule pouvait répondre à cette question.
Elle marqua une pause avant de répondre. Sa main remonta lentement vers son oreille. « Pardon, je n'ai pas entendu. »
Elle ne m'a pas entendu ?
Je fronçai les sourcils. Elle aurait dû m'entendre d'ici, parce que les loups ont l'ouïe bien meilleure que les humains. Ça me rendait encore plus méfiant : cette fille était-elle vraiment Anna King, ou est-ce que je me faisais des idées ?
Mais ça ne pouvait pas être elle, si ? Un an s'était écoulé depuis que j'avais attaqué ce loup, et j'étais certain d'avoir tué la fille qui se tenait maintenant à quelques pas de moi. Était-elle un fantôme ?
Ressaisis-toi, Max. Réfléchis.
Je m'approchai d'elle et m'arrêtai à quelques pas.
Elle ressemble tellement à son frère.
Je m'éclaircis la gorge et réessayai. « Je te demandais si tu avais besoin qu'on te dépose en ville. »
Mais qu'est-ce que tu fais !?
À ce stade, j'avais l'impression que ma bouche fonctionnait toute seule. J'aurais dû enfourcher ma moto quand j'en avais encore l'occasion et rouler le plus loin possible de cette ville. C'était le plan, quitter Small Town et ne jamais regarder en arrière. Il ne me restait plus rien ici. Plus maintenant.
La seule personne qui me retenait ici était Alice, et peut-être que si j'étais encore là, c'était à cause d'elle. Une petite partie de moi espérait encore qu'elle me choisirait, mais après avoir attendu tous les jours de la semaine passée qu'elle se pointe au diner, j'avais compris qu'il n'y avait plus d'espoir pour moi.
« Qu'on me dépose ? » Elle réfléchit à ma question quelques secondes, puis esquissa un petit sourire. « C'est vraiment gentil de ta part, mais je préfère marcher. »
Elle plaisantait ?
Je regardai ses vêtements : une robe rose qui s'arrêtait juste au-dessus des genoux et des sandales blanches. Puis je regardai autour de nous. Je vis quelques gouttes de pluie commencer à tomber du ciel et sentis le vent souffler vers nous.
« Tu préfères marcher quinze minutes par ce froid plutôt que monter sur ma moto ? » Je pointai du doigt vers la ville.
Elle frissonna et serra ses bras contre son corps. « Il fait plutôt froid, c'est vrai. »
CQFD.
Je levai les yeux vers le ciel gris qui était d'un bleu limpide quelques instants plus tôt et soupirai. « Écoute, il me faudra moins de cinq minutes pour te déposer en ville, et ça t'évitera de te faire tremper. »
Elle regarda en direction de la ville, puis vers le ciel et fit une grimace.
Je lui lançai un regard amusé. « Tu veux toujours marcher ? »
Elle réfléchit un instant, puis haussa à moitié les épaules. « Tu as gagné. »
Je m'approchai d'elle jusqu'à me tenir juste à côté d'elle. « Je veux juste veiller sur toi, c'est tout. Et avant que tu ne demandes, je ne suis pas un pervers. »
Elle parut surprise, puis secoua la tête et coinça une mèche de cheveux derrière son oreille. « Pourquoi penserais-tu ça ? Je ne pense pas du tout que tu sois un... pervers. »
Je la regardai avec doute. « Non ? »
« Non, je ne juge pas les gens comme ça. Et en fait, j'ai trouvé très galant de ta part de me proposer de me déposer. »
« Vraiment ? » demandai-je.
Elle hocha la tête en réponse.
« Eh bien, dans ce cas, après toi. » Je fis un geste de la main pour l'inviter à passer devant moi, et tandis qu'elle se dirigeait vers ma Harley, elle tourna la tête pour me regarder et demanda : « Alors, tu vas en ville toi aussi ? »
Est-ce que j'allais en ville ? J'enfonçai mes mains dans les poches de mon blouson en cuir et fixai le sol. « Je ne suis plus très sûr. »
Elle s'arrêta à côté de moi, ce qui me fit lever les yeux vers elle. « Tu ne sais pas où tu vas ? Alors, qu'est-ce que tu fais ici, si ce n'est pas indiscret ? »
Je passai une main dans mes cheveux, frustré. Je regardai le diner. « C'est une longue histoire. »
Elle rit en se remettant à marcher. « Je comprends. Je connais bien les longues histoires. Elles sont pénibles, pas vrai ? »
Ça m'arrêta net. Parlait-elle de ce que je pensais ? Elle ne pouvait quand même pas parler de ce qui s'était passé il y a un an, si ? Si c'était le cas, alors elle aurait su qui j'étais et ce que je lui avais fait.
Je l'observai attentivement. Est-ce qu'elle ne savait vraiment pas qui j'étais ?
Nous arrivâmes bientôt à côté de ma fierté : une Harley Davidson noire que j'avais eue pour mes dix-huit ans. Je me souviendrai toujours de ce jour où je suis rentré de l'école pour trouver Mark qui m'attendait dans son vieux pick-up. Il m'avait conduit pendant des heures jusqu'à ce magasin de motos d'occasion où ils vendaient toutes sortes de bécanes différentes, mais il y avait une moto que je voulais vraiment : une Harley Davidson.
J'ai dû faire le tour de ce magasin pendant des heures, mais je ne trouvais pas ce que je cherchais, et juste au moment où je pensais rentrer bredouille, Mark a repéré une moto à l'air rouillé qui traînait sous un gros quad noir. Avec l'aide de Mark, on a déplacé le quad, et c'est là que j'ai vu le logo d'une Harley Davidson. Pour les autres, ça ressemblait à un tas de ferraille, mais pour moi, ça voulait dire la liberté et l'évasion.
Mark avait acheté la moto et l'avait mise à l'arrière du pick-up. Dès qu'on était rentrés, je m'étais mis au travail. J'ai passé des jours, peut-être même des mois à essayer de lui redonner un aspect neuf, et chaque minute en valait la peine.
La fille passa doucement sa main sur la moto. « C'est à toi ? »
Je regardai ma moto avec fierté. « Ouais, c'est la mienne. »
Elle rit nerveusement. « Je vais être honnête avec toi. Je ne suis jamais montée à l'arrière d'une moto. »
Je la regardai et la vis mordiller nerveusement sa lèvre inférieure. Je ris, tendis le bras derrière elle et attrapai mon casque. « T'inquiète pas, tu es entre de bonnes mains. »
Elle fit un sourire timide et baissa les yeux vers le sol tandis que je lui tendais le casque. « Je m'appelle Max, au fait. »
Elle prit le casque et leva les yeux vers moi. Ses yeux verts brillants rencontrèrent les miens. « Enchantée, Max. Moi, c'est Anna. Anna King. »
















































